Contribution à l’étude de l’Ecologie et de la Biologie du genre Scomber (Osteichthyens, Scombridae)
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Date
2009-07-15
Authors
BRAHIMI Mohamed Ameur
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Abstract
L’absence de connaissances sur le genre Scomber fréquentant le bassin algérien justifiait l’étude
que nous avons entreprise. Même si d’autres travaux seront nécessaires pour bien éclaircir les
différents aspects. Il nous a semblé important de relever les principaux éléments que nous avons pu
discuter. Certains méritent, d’être approfondis par des observations plus complètes et plus
fréquentes comme ceux concernant l’écologie.
Les quelques éléments que nous avons pu apporter dans le domaine de l’écologie, ont fourni des
résultats à la fois partiels et préliminaires qui nous permettent cependant de situer S. scombrus dans
son habitat et de comprendre éventuellement son comportement en fonction des conditions du
milieu environnant.
En 1982, l’espèce était présente tout le long du littoral algérien et elle était relativement dense à
l’Est, en particulier à Annaba. L’insuffisance des données écologiques ne permet pas une analyse
complète en relation avec les différents résultats obtenus. Néanmoins, le maquereau commun
semblait fréquenter les profondeurs allant de 50 à 200 m, avec des températures variant entre 14.6 et
16.4°C.
Pour ce qui est des engins de pêche utilisés dans la campagne ISTPM (1982), le GOV et le
Lofoten ont montré la même efficacité pour la capture du S. scombrus. Par contre le chalut de fond,
utilisé par le chalutier Joamy a généré de meilleurs rendements.
Concernant la répartition en fonction de la nature du fond, S. scombrus montrait une affinité pour
les fonds sableux. Pour l’évolution de la taille en fonction de la bathymétrie, les individus de petite
taille (<21cm) semblaient fréquenter les profondeurs allant de 100 à 200m. Les individus de grande
taille se répartissaient dans deux gammes bathymétriques : 50-100m et 100-200m. Le poids moyen
semblait augmenter avec la profondeur.
La liste faunistique établie a partir du dépouillement « chalex-Thalassa » a permis de dégager le
peuplement accompagnant S. scombrus. La richesse spécifique, la diversité spécifique et
l’Equitabilité ont été déterminées pour le peuplement dans les trois régions considérées. Les
résultats obtenus nous ont permis de mettre en évidence un système juvénile qui se traduirait par des
ressources énergétiques excédentaires et reflèterait un état de surexploitation de l’écosystème
étudié.
Pour ce qui est de la faune associée à S. scombrus, l’étude de cette dernière a permis de mettre en
évidence (à l’aide de méthodes classique et multivariée) les espèces les plus liées au maquereau
commun: Trachurus trachurus, Mullus barbatus, Pagellus acarne, Sardina pilchardus et Boops
boops. On pourra déduire que les proies préférentielles de S. scombrus sont des poissons Nos observations trihebdomadaires à la poissonnerie d’Alger se traduisent par une liste non
limitative des espèces de Scombridae (5 espèces ont été recensées) capturées et provenant de toutes
les régions. Les espèces de cette famille n’ont pas été observées durant les mois d’hiver, excepté le
maquereau espagnol (S. japonicus) ; elles commencent à réapparaitre à partir du mois de Mai. Le
maquereau commun (S. scombrus), a totalement disparu des apports, ce qui est en contradiction
avec ce qui a été obtenu, après analyse des données de la campagne Thalassa (ISTPM, 1982).
Les caractères méristiques caractérisent S. japonicus, et montrent que les résultats sont
significativement différents de ceux du maquereau commun S. scombrus, ce qui distingue sûrement
les deux populations de maquereau.
La lecture des otolithes de S. japonicus, approche simple et préliminaire, a permis d’élaborer une
clé age-longueur, avec 5 groupes d’âge (II, III, IV, V, VI). Ces résultats sont confirmés par les
travaux de Quéro & Vayne (2005).
Les analyses qualitatives et quantitatives du régime alimentaire du maquereau espagnol, ont
montré que cette espèce se nourrit préférentiellement de crustacés planctoniques et de petits
poissons. L’étude de la variation du régime alimentaire en fonction de la taille montre que les petits
individus se nourrissent essentiellement des crustacés planctoniques et qu’avec l’évolution de la
taille, l’espèce commence à ingérer des petits poissons et semble se rapprocher du milieu benthique.
Au terme de ce travail, certaines recommandations peuvent être proposées pour une étude plus fine
des espèces de ce genre :
- mener d’autres campagnes océanographiques pour une bonne connaissance des peuplements de
nos côtes, et essayer d’expliquer la cause de la disparition de S. scombrus ;
- pour une étude plus fine de l’âge a partir des otolithes, il serait intéressant de faire une lecture
directe sur les otolithes de petits individus (<10cm), d’appliquer d’autres méthodes, si la logistique
le permettait, afin d’interpréter de manière plus précise les otolithes (meulage a plat, coupes
transversales, brulage…).
- une analyse de la variation du régime alimentaire en fonction des saisons, du sexe et en relation
avec les fluctuations du milieu, serait d’une importance primordiale pour bien suivre le régime
alimentaire de ces espèces ;
- une étude de la reproduction et de la fécondité des espèces de ce genre contribuerait à une
approche écosystémique.