Elaboration du statut écologique des eaux côtières algériennes par la mise en œuvre d’un indice basé sur le bioindicateur Posidonia oceanica
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Date
2026-04-19
Authors
Sengouga Amina
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Abstract
Posidonia oceanica, espèce ingénieure emblématique de la Méditerranée, est largement reconnue pour son fort potentiel bioindicateur et sa sensibilité aux pressions anthropiques. Cette étude vise à évaluer le statut écologique des eaux côtières algériennes, au niveau de huitstations, par le biais de l’élaboration d’un nouvel indice multi-métrique : Multi-metric Index for the Algerian coast based on Posidonia oceanica (MIAPo). La méthodologie intègre la quantification des activités anthropiques (artificialisation côtière, population côtière, agriculture, exutoires et volumes d’eaux usées non traitées, oueds, industries et pêche) au moyen de l’imagerie satellitaire et de données officielles afin d’établir un gradient de pressions par le calcul d’un indice de pressions (IP). Elle intègre également la caractérisation multi-échelle des herbiers, combinant des descripteurs de population, de communauté associée et des biomarqueurs biochimiques et cellulaires (le taux d’azote et la densité des cellules à tannins foliaires). Les résultats démontrent que l’indice MIAPo est fortement sensible aux pressions anthropiques et permet de discriminer efficacement l’état écologique des stations étudiées, les classant ainsi en trois catégories de qualité : « Très bon », « Bon » et « Moyen », avec des scores EQR allant de 0,44 à 0,86. L’intercalibration de ce nouvel indice avec le PREI (Posidonia oceanica Rapid Easy Index), indice normalisé et conforme aux exigences de la DCE (Directive Cadre sur l’Eau), a révélé des résultats globalement comparables (r = 0,90 ; p = 0,003). Cette corrélation démontre la fiabilité de cet indice pour évaluer la qualité des eaux côtières algériennes, tout en offrant une sensibilité améliorée aux pressions anthropiques grâce à l’intégration de biomarqueurs biochimiques et cellulaires (r =−0,96 ; p = 0,002 pour le MIAPo et r = −0,88 ; p = 0,02 pour le PREI). Néanmoins, la généralisation de cet outil nécessite uneautre phase de validation complémentaire, dans des contextes environnementaux et des types d’herbiers plus diversifiés, afin de consolider la définition de ses conditions de référence etd’affiner sa sensibilité aux pressions anthropiques locales.