Contribution à la connaissance de la biodiversité des fonds chalutables de la côte algérienne : les peuplements ichtyologiques des fonds chalutables du secteur oriental de la côte algérienne
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Date
2011-07-06
Authors
Wahid REFES
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Abstract
Les inventaires ichtyologiques réalisés à partir de nos campagnes de pêche et de l’exploitation des résultats des campagnes
réalisées par les navires océanographiques ont permis de recenser 230 espèces (36 Chondrichthyes et 194 Osteichthyes). On
recense, en plus des espèces inventoriées sur les fonds chalutables, en prenant en compte l’ensemble des espèces récoltées par
différents engins de pêche ou observées sur les fonds rocheux et accidentés un total de 303 espèces (1 Cephalaspichthyes, 52
Chondrichthyes et 250 Osteichthyes). Il serait souhaitable d’étendre des recherches analogues aux autres secteurs de la façade
maritime algérienne d’une part et d’autre part aux fonds rocheux et littoraux, ainsi qu’aux espèces pélagiques, afin de mieux
connaître la diversité des peuplements ichthyologiques de la côte algérienne.
La classification ascendante hiérarchique (CAH) a permis de mettre en évidence l’évolution spatio-temporelle des peuplements
ichtyologiques des fonds chalutables du secteur oriental de la côte algérienne de 1924 à 2006. Cette approche a fait apparaître
des assemblages ichtyologiques, où le seul facteur structurant est la bathymétrie. L’image globale obtenue permet de mettre en
évidence une discontinuité marquée entre le peuplement du plateau continental (Boops boops ; Capros aper ; Citharus
linguatula ; Dentex maroccanus ; Engraulis encrasicolus ; Lophius budegassa ; Mullus barbatus ; Pagellus acarne ; Pagellus
erythrinus ; Sardina pilchardus ; Trachurus trachurus), dont certaines espèces descendent assez profondément (Dentex
maroccanus ; Mullus barbatus ; Pagellus acarne) et celui de la zone bathyale (Argyropelecus hemigymnus ; Chauliodus
sloani ; Chlorophthalmus agassizii ; Coelorhynchus coelorhynchus ; Etmopterus spinax ; Gadiculus argenteus argenteus ;
Galeus melastomus ; Helicolenus dactylopterus dactylopterus ; Hoplostethus mediterraneus ; Lampanyctus crocodilus ;
Lepidopus caudatus ; Micromesistius poutassou ; Phycis blennoides ; Stomias boa boa ; Symphurus nigrescens). Il a été mis
en évidence, aussi, un cortège d’espèces eurybathes (Conger conger ; Merluccius merluccius ; Pagellus bogaraveo).
Sur le plan bionomique, l’ichtyofaune des fonds chalutables du secteur oriental de la côte algérienne présente trois principaux
peuplements ichtyologiques :
- Le peuplement du détritique côtier à Vidalia volubilis ou à Ophiura texturata, où les espèces caractéristiques sont
Pagellus acarne et Pagellus erythrinus, ainsi que les espèces communes Boops boops, Mullus barbatus, Mullus
surmuletus et Zeus faber.
- Le peuplement du détritique du large à Leptometra phalangium ou à Neolampas rostellata, où les espèces caractéristiques
sont Macroramphosus scolopax et Trigla lyra, ainsi que l’espèce commune Mullus barbatus.
- Le peuplement des vases bathyales à Funiculina quadrangularis et Aporrhais serresianus ou à Isidella elongata et
Thenea muricata, où les espèces caractéristiques sont Chlorophthalmus agassizii, Coelorhynchus coelorhynchus,
Etmopterus spinax, Galeus melastomus, Helicolenus d. dactylopterus, Lepidopus caudatus, Micromesistius poutassou et
Phycis blennoides, ainsi que l’espèce commune Capros aper.
Une faible variabilité de la richesse spécifique est relevée sur les traits de pêche réalisés sur les fonds chalutables de 28 à 42
espèces (32,4±2,46), ainsi que des indices de diversité de Shannon – Weaver de 2,849 à 4,021 (3,846±0,128) et de régularité de
Pielou de 0,540 à 0,812 (0,775±0,017), ils ne montrent pas de tendances temporelle ou spatiale. Cela peut s’expliquer par une
hétérogénéité des habitats, une compétition spatio-trophique inter et intra-spécifique ou des perturbations d’ordre anthropiques
et/ou climatiques. On pourrait être tenté d’avancer, sur la base des indices d’exploitation calculés, que la structure des
peuplements ichtyologiques est stable et que les espèces redondantes permettent au système de garder un certain niveau
d’entropie.
Il est primordiale, avant tout, d’améliorer le niveau des connaissances des fonds chalutables du secteur oriental de la côte
algérienne par :
une cartographie de la nature sédimentaire des fonds par la réalisation de sondage au sonar latéral en délimitant
précisément les différents faciès sédimentaires par une validation de terrain des principaux faciès acoustiques ;
une quantification de la richesse des fonds par des prélèvements de la faune et de la flore marine.
Ces travaux devraient permettre de connaître les effets possibles des chaluts de fond sur les écosystèmes benthiques par l’étude
des compartiments mégalofauniques, macrofauniques et meiofauniques, ainsi que les structures des sédiments en évaluant la
portée et la durée des perturbations des chaluts de fond sur les habitats. Elles pourront être à la base de développement de
modèles prédictifs sur les effets de la composition et le fonctionnement des peuplements ichtyologiques sur les habitats. Ces
approches permettront la mise en place d’une stratégie de développement durable de l’activité économique « pêche » en
adoptant des plans de gestion halieutique visant à éviter ou à atténuer les effets sur la biodiversité.