Étude par télédétection et mesures in situ des efflorescences algales et de la matière en suspension dans le Bassin Algérien
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Date
2022-03-31
Authors
Romaissa Harid
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Abstract
Cette étude examine la distribution spatiale et la variabilité temporelle de la biomasse de chlorophyllea
(Chl-a) et de la matière en suspension dans le Bassin Algérien (Algerian Basin, AB) le long de ses
dimensions méridionales et côte large, en se concentrant sur les enrichissements côtiers. Après la
correction des pixels bruités dans les séries de données quotidiennes MODIS Niveau-2 entre 2003 et
2018, une climatologie bimensuelle de la Chl-a avec une résolution spatiale de 1 km a été générée.
Cette faible résolution a beaucoup aidé pour tenir compte des caractéristiques côtières spécifiques qui
étaient auparavant inconvenablement mises en évidence par les données MODIS Niveau-3 de 4 km de
résolution spatiale. Le AB est caractérisé par deux saisons extrêmes, de fortes biomasses en hiver et
des faibles en été, séparées par deux saisons de transition les fins du printemps et d’automne. La zone
côtière (<10 km) est caractérisée par une dynamique intense et distincte associée à des pics
d’efflorescence phytoplanctonique locaux hautement productifs plutôt qu'à une variabilité saisonnière.
Un indice d’enrichissement de biomasse (IB) est proposé comme étant la concentration de Chl-a
intégrée horizontalement depuis le littoral jusqu'à l'extension la plus au large de l'isopleth de 0,5 mg
m-3 de Chl-a. Des IB <5 g m-2 ont été observés au large du bassin l'été, des valeurs élevées pendant les
efflorescences printanières (jusqu'à 40 g m-2) et les valeurs maximales >50 g m-2 ont été localement
observées dans le domaine côtier. La zone côtière étroite représente à elle seule 44 % de la biomasse
de Chl-a totale, avec des endroits d’efflorescence côtières jusqu'à 5 fois plus élevées qu'au large. La
modélisation multivariée des facteurs potentiels favorisant les enrichissements côtiers montre que la
biomasse phytoplanctonique des eaux côtières est principalement associée aux enrichissements
provenant des oueds et les eaux usées urbaines d’une manière saisonnière. En revanche, un indice de
biomasse plus élevé est lié à la morphologie côtière, c’est-à-dire à la présence des baies ou golfs. Une
source distincte d'enrichissement est sans doute associée à la présence de cages d'aquaculture. Les
résultats sur les estimations de la matière en suspension particulaire dans le AB montrent une forte
variabilité saisonnière et longitudinale dans les eaux côtières, essentiellement conditionnée par les
variations du débit liquide des oueds et la morphologie côtière (baie, golf, …). Deux types d’eaux
côtières ont été définis dans le AB : (i) eaux du Cas-1 se trouvent à l’Ouest du bassin, où la côte est
généralement linéaire, (ii) eaux du Cas-2 se trouvent à l’Est du bassin, ces eaux sont un mélanges de
pigments phytoplanctonique et de la matière en suspension particulaire. Dans cette dernière, il est
recommandé d’utiliser des algorithmes bio optique spécifique pour les eaux du Cas-2. Dans de
nombreuses zones de la côte Algérienne, les fonds sableux peuvent biaiser considérablement
l’estimation de la concentration de Chl-a depuis l’espace.