Ecologie, biologie, morphométrie et exploitation de la daurade royale Sparus aurata Linné, 1758 dans la région de Skikda.
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Date
2018-11-17
Authors
CHEBEL Fateh
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Abstract
Le présent travail a pour objectif de contribuer à une meilleure connaissance de l’écologie, de
la biologie, de la morphométrie et de l’exploitation de la daurade royale Sparus aurata Linné,
1758 dans la région de Skikda.
L’analyse biométrique de la daurade royale, des côtes de Skikda, comparée avec celle de la
même espèce du golfe d’Annaba et de la baie d’Alger, indique l’existence de différences très
hautement significatives entre les trois sites, ainsi qu’un dimorphisme sexuel pour ensemble
de 28 variables mesurées. L’analyse en composantes principales (ACP) a permis de séparer
très nettement les trois populations de S. aurata des trois régions étudiées.
La structure du peuplement associé à S. aurata des côtes de l’Est algérien est étudiée à partir
des données des deux campagnes océanographiques «Thalassa 1982» et «ALDEM 2012»
réalisées en Algérie. La détermination de la richesse spécifique, la diversité spécifique,
l’équitabilité et l’utilisation des modèles de distribution d’abondances ont permis de mettre en
évidence un peuplement jeune (immature) avec une ou plusieurs espèces qui tendent à
dominer en nombre et en poids. L’ACP montre qu’en 1982, Mullus barbatus était l’espèce la
plus associée à S. aurata puis Pagellus acarne. En 2012, Mullus barbatus reste toujours
l’espèce la plus associée avec une présence importante de Trachurus trachurus et Pagellus
acarne.
836 spécimens de S. aurata de différentes gammes de taille et de poids de l’espèce ciblée,
récoltés à partir des apports de la pêche commerciale de la région de Skikda ont fait l’objet de
travaux biologiques portés sur le régime alimentaire, la reproduction et la croissance pour
aboutir à l’étude de l’exploitation de l’espèce.
L’inventaire des proies ingérées montre une diversification importante avec 32 types de proies
réparties sur différents groupes zoologiques. Les Décapodes constituent l’alimentation
principale préférentielle de S. aurata, suivis de Bivalves, de Gastéropodes et de Poissons
Actinoptérygiens. Cette composition alimentaire semble être différente selon la saison, le sexe
et la gamme de taille des individus.
La reproduction de S. aurata a été étudiée en considérant : le cycle de reproduction, le sexratio, les indices pondéraux et la détermination de la taille de première maturité. La proportion
numérique des mâles (68 %) diffère significativement de celle des femelles (32 %) (ε> 1.96, α
= 5%). Les valeurs des rapports gonadosomatique (RGS) et hépatosomatique (RHS) des
femelles et des mâles indiquent une seule période de reproduction. Elle s’échelonne du mois
de décembre au mois de janvier. La taille à la première maturité sexuelle (Lm50) est de 18.3
cm pour les mâles et 19.6 cm pour les femelles. En Algérie, le Décret exécutif n° 2004-86
stipule une taille minimale de capture légale de 20 cm. Ce règlement est donc approprié pour
la daurade royale.
Les paramètres de croissance (du modèle de Von Bertalanffy) de S. aurata sont déterminés
par analyse des structures de tailles. Pour l’ensemble des individus, le modèle de croissance
linéaire s’écrit : ( )
L’évaluation de l’état actuel du stock mixte de S. aurata et son espèce fortement associée M.
barbatus a été réalisée par l’approche multispécifique du modèle de Thompson et Bell (1934).
Cette dernière a montré un état d’exploitation optimal de cette pêcherie mixte dans la région
d’étude. Le modèle utilisé préconise donc de ne pas augmenter l’effort de pêche.