Approches bioéconomiques et globales des ressources de petits pélagiques dans la région d'Alger
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Date
1998-07-03
Authors
Khaldi ;Toufik
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Publisher
Abstract
Sur ses 1200 km de côtes, l'Algérie dispose de 25 ports de pêche dont 15 unités mixtes (port de pêche et de marchandises). En 1987, le total national des captures était estimé à moins de 100 000 tonnes, il était en 1946 de quelques 29 000 tonnes, mais 18 200 tonnes seulement en 1965 . Pourtant, l'Algérie dispose d'un stock halieutique considérable, car selon les compagnes d'évaluation effectuées par la PAO en 1974, par l'institut Bergen en 1981 puis par le navire océanographique Thalassa en 1982, le stock pêchable, toutes espèces confondues, est estimé à plus de 160 000 tonnes par année (ANDP, 1995). Cela démontre que les réserves de production halieutique sont réelles et par conséquent le secteur de la pêche un des éléments essentiels de la croissance économique nationale, c'est un secteur actif créateur d'emplois rémunérateurs. Comparée à celle de nombreux pays, notamment les pays méditerranéens la production nationale demeure très faible. Par exemple, et selon Zamoum (1989) la production nationale de 1987 représentait seulement l'équivalent du rendement d'un seul port de France, en l'occurrence celui de Boulogne-sur-mer.
La pêche est une activité économique maritime puisqu'elle est reconnue par son caractère économique, dans la mesure où elle met en oeuvre l'exploitation de ressources naturelles et vivantes pour la création des richesses, et par sa relation directe avec le milieu marin .
Au sens économique, la mer est une ressource, en particulier pour les communautés qui vivent à son contact . Le problème est de déterminer si les apports de cette ressource justifieraient d'engager d'importantes dépenses en investissements de valorisation sur un site côtier donné. Dans les pays développés, les expériences dans le domaine économique de la pêche se sont généralement soldées par des succès appréciables et durables . Des ports commerciaux de pêche créés et développés d'un noyau initial, se sont avérés des sources d'avantages divers pour les économies locales, régionales, et nationales. Avantage ayant trait aussi bien aux postes de travail créés, aux produits mis à la disposition de l'économie nationale et des populations, qu'au dynamisme suscité au sein de l'environnement, et de façon générale aux économies externes (bénéfices et plus-values) dont bénéficient les divers agents économiques et sociaux . Dans les pays en voie de développement comme l'Algérie, de tels mécanismes peuvent contribuer à lever certains blocages (faiblesse des taux d'activité, équilibre alimentaire, enclavement, etc.), selon le niveau des ressources halieutiques, l'étape de développement et la stratégie de développement adoptée.
Nous proposons ici de contribuer à l'étude des baces petites pélagiques par une approche bio-économique de la pêche chalutière au port de Bouharoun (estimation des différents coûts d'exploitation, des recettes des produits de vente, les bénéfices annuels bruts et nets, et évaluation de la rentabilité de l'investissement dans ce secteur économique). Pour cet effet, nous avons estimé nécessaire de passer par une étude dynamique suivie d'une étude économique aussi détaillée que possible sur la pêche chalutière dans la région d'Alger.
D'une part, l'étude dynamique permet de cerner les limites du niveau de l'exploitation des stocks par des indices et des paramètres biologiques, lesquels façonnent la nature des mesures administratives à prendre et permettent ainsi d'équilibrer la notion de la rentabilité et celle de la préservation de la ressource halieutique. ? ce niveau, l'application des modèles globaux s'impose d'elle même, car ceux ci définissent l'état du stock exploité, et à partir seulement des statistiques de capture et d'effort de pêche. D'autres parts, une étude économique exhaustive du secteur de la pêche permettrait de définir les axes prioritaires à l'aménagement et la gestion de nos pêcheries locales.
Nous nous sommes intéressés aux espèces petites pélagiques connues communément comme poisson bleu car elles constituent ta quasi - totalité des débarquements opérés sur les ports algériens. Ces poissons constituent "l'aliment du pauvre" pour l'immense majorité de fa population citadine algérienne, non seulement pour leur apport en protéines animales mais surtout pour leur accessibilité sur le marché.
Dans nôtre étude, nous avons essayé de nous intéresser plus aux faits réels et effectifs afin de les retranscrire bruts sur la réalité locale du secteur de la pêche de la région d'Alger. En fait, l'approche présentée dans cette étude est le résultat d'un certain nombre de recherches et d'enquêtes auprès des acteurs sociaux, économiques et administratifs du port de Bouharoun. Elle comporte:
une recherche bibliographique et documentaire,une collecte de données statistiques personnelles au niveau du port de Bouharoun, et officielles auprès du syndic de Bou-lsmail.