Contribution à l'étude de l'impact de la pollution chimique sur l'herbier à Posidonie dans la baie de Bou-Ismaïl
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Date
2010-09-27
Authors
TARMOUL FATEH
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Abstract
C'est près de la côte que la vie sous-marine se développe le plus. Et c'est dans cet endroit précis, que l'on rencontre l'écosystème le plus important de la Méditerranée (Boudouresque et Meinesz, 1982), l'herbier à Posidonie, principal réservoir de biodiversité de cette mer où près de 20 % de toutes les espèces connues en Méditerranée sont signalées. Cependant, c'est un écosystème biologiquement fragile et très sensible à la pollution.
Cette sensibilité aux impacts humains fait de cet écosystème l'indicateur biologique par excellence des impacts de la pollution en milieu côtier (Lacaze, 1993 ; Pergent et al., 1995 ; Charbonnel et al., 2003 ; Lafabrie, 2007). Il rend compte, par sa présence et sa vitalité de la qualité des eaux qui dérivent au dessus de lui. De plus, sa très large distribution en Méditerranée permet des études comparatives aux échelles les plus diverses, depuis un secteur de côte particulier jusqu'à l'échelle du bassin méditerranéen dans son ensemble. Selon Pergent (1995), de nombreux paramètres sont à même d'être enregistrés par l'herbier notamment les polluants stables dont les teneurs sont mémorisées et concentrés au cours du temps.
En effet, les polluants tels que les métaux lourds (mercure, plomb, cadmium, arsenic...), les organochlorés (pesticides) et les hydrocarbures (substances à base de pétrole) sont charriés, via les effluents industriels, urbains et agricoles, vers le milieu marin, devenu, par la force des choses, le réceptacle universel de tous les déchets humains. Très stables en eau de mer, tous ces produits toxiques s'adsorbent sur le sédiment et les tissus de Posidonia oceanica (Baroli et al., 2001) et s'accumulent dans les organes (graisse, cerveau, gonades, foie, squelette...) des organismes vivants qui la consomment.
Posidonia oceanica est donc considérée comme un bio-indicateur fiable de la contamination métallique des écosystèmes littoraux. Dans le cadre de ce travail, il semble intéressant de vérifier cette hypothèse en comparant ses potentialités de bio-indicateur par rapport à d'autres matrices. A cet effet nous comparerons les concentrations métalliques mesurées dans les tissus de Posidonia oceanica à celles mesurées dans le sédiment et les gonades de l'oursin commun Paracentrotus lividus. Le choix de ces matrices pour l'évaluation de la qualité du milieu marin réside dans :
Leur capacité de rétention et d'accumulation des micropolluants difficilement détectables directement dans l'eau de mer.
Leur intérêt dans le suivi spatial et temporel de la contamination du milieu marin ;
Le suivi de la contamination de la chaine alimentaire dont les applications se traduisent en termes de santé publique mais également en termes d'impacts écologiques de la contamination du milieu ;
La sélection d'espèces à différents niveaux trophiques permettant d'appréhender le transfert des micropolluants dans la chaine trophique.
Les métaux lourds les plus souvent considérés comme poisons pour l'homme sont le mercure, le plomb, le cadmium et l'arsenic. D'autres comme le cuivre, le zinc, le chrome pourtant nécessaires à l'organisme en petites quantités, peuvent devenir toxiques à doses plus importantes.
Le mercure est probablement l'un des éléments les plus étudiés en raison de sa très grande toxicité due à son accumulation et son caractère persistant tant dans l'environnement que dans le biote (Clarkson, 1998) ; c'est pourquoi son étude reste prioritaire dans notre travail.
L' objectif principal de ce travail consiste donc à étudier la mémorisation des métaux lourds : mercure, zinc, manganèse, cuivre, fer et l'aluminium par la magnoliophytes Posidonia oceanica, dans le sédiment où viennent s'enraciner ses rhizomes et les gonades des oursins Paracentrotus lividus récoltés directement sur cette dernière au niveau de trois sites soumis à des conditions d'anthropisation différentes : (i) une zone de référence située à l'ouest de la baie de Bou Ismaïl, la plage de la corne d'or et l'anse du CET ; (ii) une zone fortement anthropisée, lieu de déversement de rejets industriels, située au niveau de la ville de Bou Ismaïl (au centre de la baie) ; (iii) un site à priori considéré intermédiaire à l'extrême est de la baie, la plage de la Thalassothérapie.
Le choix de la région d'étude s'est porté sur la baie de Bou Ismaïl qui est une région à vocation touristique, fortement anthropisée et qui subit de fortes pressions urbaines ces dernières décennies notamment en période estivale. La profondeur des zones d'étude est comprise entre la surface et -10 m dans le but de travailler au niveau de la limite supérieure de l'herbier à Posidonie ; là où ce dernier est le plus sensible aux rejets directs surtout en mode calme.