Contribution à l’étude du système des carbonates et au suivi de l’état d’eutrophisation de la Baie d’Alger en Avril 2011.
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Date
2011-07-20
Authors
BOZETINE Aziz
ZERROUKI Mohamed
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Publisher
Abstract
Influencées par les eaux marines du large et par les eaux douces continentales, les zones
côtières ont des caractéristiques physiques, chimiques et biologiques particulières. Le
fonctionnement de l’écosystème marin côtier est tributaire de l’influence et l’interaction des
deux milieux. Selon l’importance des bassins versants, de la densité de la population et de
l’intensité des activités industrielles et agricoles, les eaux douces qui aboutissent en mer ont
des qualités chimiques et biologiques différentes. Elles sont souvent très enrichies en sels
nutritifs et confèrent ainsi aux zones côtières une forte capacité de production biologique.
L’eutrophisation des eaux se manifeste par la prolifération algale pouvant conduire, lors de
leur dégradation sous l’action bactérienne à une désoxygénation catastrophique pour la faune.
La plus part des activités socio-économiques en Algérie en particulier dans la capitale,
sont situées sur la frange littorale. Un des aspects de la pollution chimique, est
l’enrichissement quotidien et excessif en sels nutritifs et en matière organique des différents
rejets (urbains, agricoles et industriels) qui peuvent engendrer l’eutrophisation du milieu
marin. Ainsi le pourtour de la capitale, souffre d’importants rejets d’eaux usées qui polluent le
littoral algérois, en particulier la baie d’Alger dont laquelle se déverse oued El Hamiz à l’est
et oued El Harrach à l’ouest sans oublier les impacts du port.
A cela s’ajoute le problème du réchauffement planétaire dont le premier responsable est le
dioxyde de carbone, dont les émissions ont augmenté de 30% depuis l’ère industrielle .Sa
concentration dans l’atmosphère ne représente que 50% de celle qu’elle aurait dû être si tout
le CO2 émis restait dans l’atmosphère. Ceci est dû à sa séquestration dans ce qui est considéré
depuis longtemps comme le plus grand réservoir à carbone (Revelle et Suess, 1956) : l’océan.
L’étude du rôle de l’océan dans l’absorption du CO2 en excès et sa séquestration par les
différents processus (pompe physique et biologique) est un élément clef pour la prévision de
l’impact des activités humaines sur le climat au cours de ce siècle.
L’étude du cycle océanique de carbone est rendue complexe par sa variabilité
spatiotemporelle liée à des processus physiques, chimique et biologiques. Il est nécessaire
d’avoir une bonne connaissance de la répartition des variables du système des carbonates dans
l’eau de mer. L’exemple de la baie d’Alger offre un cadre favorable pour une telle démarche,
car il réunit sur une zone peu étendue une diversité de processus qui interviennent dans le
cycle du carbone à l’échelle du bassin algérien. Nous présentons dans ce travail une première
contribution à l’étude du système des carbonates dans la baie d’Alger et elle est complétée par
une analyse des sels nutritifs et de l’oxygène dissous pour évaluer l’état d’eutrophisation et
mieux comprendre ce système aquatique très fluctuant.