Contribution à la connaissance de l'écosystème à Posidonia oceanica (L.) Dei-ele dans la région d'Alger (Algérie)
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Date
1993-06-30
Authors
Semroud, Rachid
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Abstract
En Algérie, les travaux consacrés jusqu'ici à l'herbier à Posidonia océanica sont rares, ponctuels et très anciens. Nous présentons ici le premier travail d'ensemble concernant l'herbiers à P. océanien des côtes algériennes en étudiant les compartiments fonctionnels les plus importants de l'écosystème.
Le choix des stations s'est fait sur la base de critères écologiques et anthropiques. Deux types d'herbier ont été considères. Le premier est installé sur roche, à l'extérieur de la baie d'Alger, dans une zone où les conditions locales (hydrodynamisme important, exposition aux vents) maintiennent des eaux relativement propres (LaiMarsa). Le second se développe sur matte (Tamentfoust), dans la baie d'Alger et correspond à un herbier dégradé, localisé dans un site semi-fermé, bien protégé, qui reçoit les rejets telluriques des oueds avoisinants et les effluents urbains. Pour l'étude biologique des oursins, les stations sont représentées par deux substrats durs l'un recouvert d'une biocénose photophile à faciles de broutage peu marqué (Aïn-Chorh); l'autre, dans le port d'Alger, occupé par un peuplement d'algues; encroûtantes soumis à une pollution marquée.
La première partie concerne la taxonomie de Posidonia de La Marsa. La découverte d'une population netttement individualisée par rapport à la description classique de l'espèce P. oceanica (largeur des feuilles et nombre de nervures des écailles nettement supérieurs, caryotype original, articularités anatomiques et histologiques) montre que le genre Posidonia en Méditerranée n'est pas aussi homogène qu'on a pu le penser auparavant.
L'étude bioméirique et phénelogique de Posidonia oceanica apporte des éléments nouveaux et permet de confirmer plusieurs résultats établis autours dans d'autre secteurs de Méditerranée. La phéno|ogie est étudiée an cours d'un cycle annuel, à deux profondeurs (2 et 8 L'utilisation de la lépidachronologie nous a permis de montrer que le nombre de feuilles produites par an est nettement supérieur à ce qui est connu dans d'autres régions de la Méditerrariée. Des données précises sont fournies sauf la longueur des feuilles,sur le "Leaf Area index" (généralement modeste par rapport aux formées de la littérature), sut la biomasse des feuilles, des épiphytes, des rhizomes et des racines. Il faut noter que, pour ces deux derniers compartiments les données sont rares: la biomasse des racines et des rhizomes apparaît comme considérable, plusieurs fois supérieure à celles des feuilles. Enfin, les premières données sur l'indice racinaire (RAII) sont discutées.
Dans le compartiment Echinodermes, nous avons étudié les oursins Paracentrotus lividus et Sphaerechinus granularis ainsi que Ies holothuries du genre Holothuria. Nous décrivons les effectifs des populations, leur structure démographique, leur biomasse et l'évolution des indices physiologiques (indice gonadique et indice de réplétion) le long d'un ou de plusieurs cycles annuels. Les densités sont très importantes, surtout dans le cas de Sphaerechinus, granularis, pour lequel de telles densités n'avaient pas été signalées en Méditerranée. Lorsque les ressources trophiques ne sont pas limitatives, il existe une corrélation négative entre l'indice de réplétion et l'indice gonadique de ces deux oursins. Pour la première fois sur les côtes nord africaines le cycle de reproduction de ces deux espèces a pu être établi.
Enfin, une comparaison des biomarses totales des compartiments Posidonie et Echinodermes à faible profondeur est entreprise. Le rapport de 1/25 à 1/30 confirme les résultats obtenus dans le nord de la Méditerranée occidentale.