Contribution à l’étude de la famille des Labridae (Osteichthyens, Perciformes) : inventaire et systématique, dans la région Est du bassin algérien.
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Date
2014-11-30
Authors
ATTOU Nour El-Islam
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Abstract
L’importance des pêches pour un pays ne peut pas être uniquement jugée par sa contribution au
PIB « Produit intérieur brut », mais doit tenir compte du fait que les ressources et les produits de la
pêche soient des composants fondamentaux de l’alimentation et de l’emploi. Un autre aspect qui
rend les ressources halieutiques si importantes est leur caractère auto-renouvelable. Cela signifie
que si celles-ci sont bien gérées, leur durée est quasiment illimitée (FAO, 2008).
La marge continentale de l’Algérie recèle des ressources halieutiques non négligeables. En effet,
dans le cadre de la prospection de nouvelles zones de pêche en 1982, la campagne océanographique
Algéro-française a évalué la ressource pélagique globale à 191468 tonnes (ISTPM, 1982). Cette
biomasse est très proche de celle estimée par la campagne océanographique espagnole, effectuée
dans la même zone d’étude en 2003, qui est de l’ordre de 187000 tonnes (MPRH, 2005). Il est
important de signaler que ces évaluations sont obtenues par les méthodes d’aires balayées, peu
précises en raison de leur incapacité de quantifier la biomasse individuelle de chaque espèce telle
que la sardinelle, le chinchard, la sardine et l’anchois, qui constituent l’essentiel de la production
pélagique (Bouaziz ,2007).
Dans le bassin algérien, à part l’inventaires réalisé par Dieuzeide et al., (1955), et Djabali et al.,
(1993), les études de systématique sont peu nombreuses, quelques tentatives ont vu le jour, telles la
systématique des Sparidae par Cherabi (1987), la connaissance des Bothidae, Citharidae et
Scophthalmidae par Sadouni (1991), celle des Triglidae par Allali (1991), et par Handjar (2009), la
systématique des sélaciens par Hemida (2005), et les Scorpaenidae par Handjar (2012). Même si
nous n’avons cité que quelques unes, néanmoins il reste beaucoup à faire pour l’identification des
poissons d’Algérie. Plusieurs questions relatives à la systématique de certaines familles de poissons
restent a posées sur la reconnaissance de ces représentants. En effet, les Gobiidae, Blenniidae,
certaines espèces de Sparidae, et tant d’autres présentent encore des difficultés d’identification.
Parmi les familles de poissons qui ont fait le moins l’objet d’études en Algérie, on peut citer les
Labridae. Les données relatives à la biologie et à l’écologie de ce groupe d’animaux sont souvent
incomplètes et ne portent que sur de faibles effectifs. Les travaux s’y rapportant restent
fragmentaires et anciens. Au niveau du bassin méditerranéen, quelques informations sont fournies
en Algérie par Dieuzeide et al., (1955), en France par Quignard (1966).
Bien qu’ils restent peu connus chez les algériens, les Labridae sont amplement capturés par
différents engins, ils sont régulièrement vendus en pêches accessoires, et beaucoup appréciés en
soupes de poisson (bouillabaisse). Il faut signaler que certaines espèces comme la vielle et le merle
font l’objet d’élevage dans plusieurs pays telle la Tunisie, et d’autres tels les crénilabres sont
transformés en farine de poisson.
La systématique de cette famille a été longtemps et est encore sujet à controverse. Elle présente des
complexités taxonomiques et n’ayant pas fait l’objet d’importantes recherches en Algérie. Les
représentants de cette famille portent les noms communs de Racaou, Aroussa, Dib, Razoir.
Tant par leur morphologie que par leur anatomie les labridés sont extrêmement variés: selon Fischer
et al., (1987) ils sont regroupés en 8 genres et 20 espèces, en Méditerranée.
De nombreuses incertitudes persistent dans leur classification, en particulier pour le genre Labrus,
qui comporte, à lui seul, 4 espèces. L’objectif principal de cette étude est d’inventorier les espèces
de Labridae dans le bassin Est algérien et par la suite contribuer à la systématique de la famille et à
l’identification des représentants.
L'examen de notes et traités faunistiques montre une hétérogénéité au niveau des inventaires
réalisés sur les peuplements de racaou dans la Méditerranée et mène à une synonymie extrêmement
confuse.
Notre objectif principal est d’identifier avec le moins de doutes possibles, les représentants de cette
famille. La morphologie a pour fin l'étude des formes, mais aussi celles des caractères externes. Il
s'agit d'observer, de décrire et d’analyser ceux-ci chez différentes espèces, ou d’estimer l’ampleur
et la signification des variations de formes au sein de la même espèce. C’est sur la base des données
morphologiques (coloration, présences des taches, présence de membrane entre nageoires...) et
comparaisons interspécifiques que seront déterminées et séparées les livrées et les espèces entre
elles.
Quelquefois, ces variations de caractères, décelées d’abord par le morphologiste, sont à la base de la
compréhension de phénomènes génétiques impliqués dans l’évolution (Tercerie et al., 2014).
Suite à toutes ces réflexions, nous allons essayer de compléter l’approche morphologique par une
approche biométrique en faisant appel à une méthode d’analyse multivariée (l’Analyse factorielle
en Composantes Principales ou ACP). Cette analyse se fait sur la base de toutes les observations et
traitera essentiellement les spécimens dont l’identification est problématique.