L’évaluation des impacts des changements climatiques et des activités anthropiques sur l’évolution de la partie Ouest du golfe de Bejaia
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Date
2021-10-11
Authors
SALMI Soundes
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Publisher
Abstract
Le littoral du golfe de Bejaia regorge de potentialités multiples à la fois naturelles et humaines. Sa côte, longue
d’environ 70 km, est composée de plages sableuses, de falaises, de plaines. Elle a subit durant les dernières années de
nombreuses contraintes liées notamment au climat et aux activités humaines. Ces dernières ont accentué sa fragilité face
aux différents risques côtiers, notamment ceux véhiculés par les changements climatiques et l’élévation du niveau de la
mer (ENM).
L’étude de la vulnérabilité des composantes physiques et socio-économiques locales face à l’élévation du niveau
de la mer a révélé au grand jour une réalité bien plus qu’inquiétante et confirme la mauvaise posture de cette partie du
littoral algérien soumise d’ores et déjà à une érosion presque généralisée. Elle a mis en exergue que 53,59% du linéaire
côtier total du golfe a une vulnérabilité physique élevée et très élevée, alors que 32,03% à une vulnérabilité basse. Quant
au volet socio-économique, 54,56% du linéaire côtier total présente une vulnérabilité modérée, 24,88% une vulnérabilité
élevée et 20,56% une vulnérabilité très élevée face à l’érosion et les inondations marines.
Cette vulnérabilité globale a été confirmée par l’étude prospective portant sur l’évaluation des terres qui sont à
risque d’érosion et d’inondations marines d’ici le milieu et la fin du 21ème siècle. Dans les plages étudiées de la partie
ouest du golfe, et pour le scénario le plus pessimiste d’ENM, les pertes de terres par érosion se situeraient à 780 775,5 m2
(113,37%) d’ici 2050 et à 1 597 713,5 m2 (232%) à l’horizon 2100. Pour les plages de la partie orientale, les réductions de
surface atteindraient 184 775 m2 (47,59%) en 2050 et 378 159 m2 (97,41%) en 2100. De nombreuses zones de la côte sont
également surjettes aux risques d’inondations marines. La présente étude a révélé que la zone inondable globale s’étalerait
sur 2,40484 km2 pour un niveau d’eau de 3,5 m et sur 20,73076 km2 pour celui de 8,5 m. Ainsi, les pertes de terres, par
inondation marine, seraient 10 fois supérieures pour un niveau de submersion maximum comparées aux pertes attendues
en cas de niveau minimum.
Les zones les plus vulnérables se localisent à Bejaia, Sidi Ali Lebhar, à l’extrême est d’Aokas, à Souk El Tenine
et à l’extrême Ouest de la côte de Melbou. Pour un niveau d’inondation minimum, les plages seront les plus touchées,
comptant pour 61,91% de la zone inondable globale. En cas de scénario maximum, les zones inondables seront en grande
partie celles utilisées à des fins agricoles avec 11,418 km2 de terres qui risquent d’être affectées, représentant plus de la
moitié (55,07%) de la zone inondable globale.