Etude biométrique de l'Artémia (Artemia salina) du Chott Marouane (Wilaya d'El Oued) et possibilités d'exploitation des cystes
No Thumbnail Available
Date
2009-07-24
Authors
CHEKAOUI Samir
SALHI Fouad
Journal Title
Journal ISSN
Volume Title
Publisher
Abstract
L’aquaculture a pris des allures de développement depuis ces dernières décennies avec
la praticabilité commerciale de domestication complète de nouvelles espèces (LAVENS et
SORGELOOS, 1996). L’élevage contrôlé des post-larves issues de la reproduction artificielle,
ou en d'autres termes l’existence des écloseries, est devenue dans le monde entier une pratique
générale pour beaucoup d'espèce de poissons, de mollusques et de crustacés.
Aujourd'hui, par exemple, des milliards de post-larves de crevette, de salmonidés, plus de 150
millions de jeunes bar européens et de daurade, quelques 200 millions de la brème… etc. Sont
produits annuellement à partir des œufs incubés (LAVENS et SORGELOOS, 1996).
L’élevage de ces larves est en générale réalisé dans des conditions contrôlées qui exigent des
techniques spécifiques, particulièrement ce qui concerne la zootechnie et les stratégies
d’alimentation en particulier. De par leur ontogenèse, les larves de poisson doivent se nourrir
activement bien avant que le développement de leur système digestif ne soit achevé. Dans l’état
actuel des connaissances, pour la plupart des espèces marines, les aliments inertes proposés ne
conviennent pas aux premières phases de la vie larvaire. Il est donc nécessaire d’alimenter ces
larves avec des proies vivantes depuis la première prise de nourriture (larves de 0,2 à 0,4 mg
selon les espèces) jusqu’à un stade post-larves (de plus de 50 mg). Cette phase représente une
période courte (1 à 2 mois), mais cruciale ou la croissance est rapide (GUILLAUME et al.,
1999). La bouche de petite taille, le développement inachevé de l’appareil digestif, sont des
facteurs de limitation dans le choix et l'utilisation appropriés d'alimentation au cours de la
période dite « startfeeding ».
Par conséquent, le succès de cette aquaculture dépend essentiellement de la disponibilité
d'une nourriture abondante et adéquate pour les jeunes stades. Il s'est avéré que la culture en
masse de zooplancton (Daphnies, rotifères et copépodes), constitue la nourriture naturelle
vivante pour ces stades larvaires. La découverte par Seale (1933) et Rollefsen (1939) que les
larves d'Artémia constituaient une excellente source de nourriture pour des jeunes alevins,
représente une percée importante dans le développement de l'aquaculture (VERSICHELE et
al., 1989 ; VANDEKERKHOVE et al., 2008). Cette nourriture vivante peut en effet être
produite facilement à partir de cystes trouvés en grandes quantités sur les berges des lacs salés
(GRANVIL, 2000). Ces cystes sont en fait des embryons en stade de diapause qui peuvent être
conservés pendant des années et qui, après hydratation pendant 24 h dans de l'eau de mer,
produisent des larves nageantes (SORGELOOS, 1980).
Aujourd’hui, l’Artémia est considérée comme une proie vivante irremplaçable dans les élevages
larvaires de nombreux poissons et crustacés (SORGELOOS et al., 2001).
De ce fait, La demande de cyste d'Artémia en aquaculture a grimpé jusqu'à plus de 2000 tonnes
annuellement (SORGELOOS et al., 2001 ; DHONT et VAN STAPPEN, 2003). Afin de
soutenir le secteur de l'aquaculture à croissance rapide (LAVENS et SORGELOOS, 2000), des
ressources naturelles autres que le Grand Lac Salé en Utah (Etats-Unis) devraient être
exploitées en tant que sources commerciales alternatives (TRIANTAPHYLLIDIS et al., 1994
; LAVENS et SORGELOOS, 2000).
En Afrique, onze (11) pays dont fait partie l’Algérie possèdent cette ressource précieuse.
L’Algérie avec ses neufs (9) sites (VAN STAPPEN, 2002), Cinq (5) de ces sites ont été décrits
par (ZEMMOURI, 1991), et celui de la saline d’Arzew est étudié par (HADDAG, 1991) et
récemment c’est le chott Marouane (wilaya d’El Oued) qui est étudié par (KARA et al., 2004).
Néanmoins, ces travaux restent restreints. Donc dans ce contexte complémentaire et
nouveau que s’inscrit ce présent travail. L’objectif visé c’est de fournir une appréciation de la
qualité d'Artémia du Chott Marouane. La morphométrie des cystes, des nauplii et la qualité
d’éclosion seront examinés ainsi qu’une estimation du stock existant. En outre, sur la base du
stock existant une unité de traitement et de conditionnement des cystes « unité techniquement
réalisable, humainement maitrisable et économiquement rentable » sera proposée, et qui est
prévue dans le schéma national directeur horizon 2025 que le Ministère de la Pêche et les
Ressources Halieutique a mit pour le développement de la pêche et de l’aquaculture.
Pour cette étude nous avons entrepris la démarche suivante :
Dans le premier chapitre, nous avons abordé la biologie du genre Artemia à travers de
nombreux recueilles bibliographiques existants.
Puis, dans le deuxième chapitre, nous avons décrit la méthodologie suivie pour
l’échantillonnage, le traitement, l’incubation et l’étude biométrique ainsi que le matériel utilisé.
Et enfin, dans le troisième et dernier chapitre, nous avons interprété et discuté les résultats
obtenus par rapport aux autres souches d’Artémia qui existent dans le monde.
En dernier lieu, une conclusion générale a été dégagée avec des propositions des actions
d’exploitations de l’Artémia dans le futur pour le Chott Marouane.