Contribution à l’étude qualitative, quantitative et Biomasse des Tintinnides (Ciliophora: Oligotrichea) dans la région centre et ouest d’Alger.
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Date
2011-09-29
Authors
SOUMIA BERRAZOUANE
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Abstract
Ces dernières années, la productivité des écosystèmes marins et l'évaluation de l'impact
des changements climatiques liés aux activités humaines demeurent la préoccupation majeure
de la communauté scientifique.
Étant donné la complexité des processus naturels en jeu et l'accroissement de la pression
anthropique sur le milieu côtier, il est apparu nécessaire d'étudier chaque compartiment de cet
écosystème et son implication dans les cycles biogéochimiques, permettant ainsi le maintien de
l'utilisation de la biodiversité marine dans un environnement en constante évolution.
Dans le but de développer la compréhension du compartiment pélagique, il est
important d'étudier la structure du réseau microbien et sa relation avec les échelons trophiques
supérieurs. Cependant, le microzooplancton constitue un élément central du réseau trophique
marin car il se situe à l'interface entre le phytoplancton et les grands hétérotrophes.
En effet, le bilan annuel simplifié du cycle du carbone dans l'océan mondial montre que,
la production phytoplanctonique peut emprunter deux voies de circulation. La première passe
par le réseau microbien puis par le zooplancton. La seconde voie est dominée par du
phytoplancton de plus grande taille (> 5 µm de diamètre ; surtout des diatomées), et par la
consommation massive de ce phytoplancton par les organismes hétérotrophes: flagellés,
dinoflagellés, ciliés et zooplancton (Sherr et Sherr, 1984 ; Kirchmen, 2000).
Les Ciliés sont des protozoaires très évolués à structure complexe, dont le corps porte
de nombreux cils vibratiles. Ces microorganismes constituent une fraction numérique
importante du microzooplancton où ils peuvent représenter de 50 à 80% du nombre total des
organismes zooplanctoniques inférieurs à 200 μm (Hecq et Goffart, 2007).
Parmi les ciliés, les Tintinnides1 forment une des principales composantes animales du
plancton des aires marines pélagiques et néritiques, ce sont des prédateurs d'autres protistes
animaux et végétaux et peuvent être très abondants en haute mer tropicale ou subtropicale
(Grassé, 1991). Ils sont logés dans une coque de nature protéinique désignée sous le nom de
"Lorica", cette dernière peut être hyaline ou agglutinée. La nature de leur Lorica parait être
une adaptation à la survie aussi bien face à la prédation qu'à sa protection dans un milieu turbulent (Paulmier, 1999). En outre, l'association de certaines espèces peut constituer un bon
indicateur de l'origine des masses d'eau (Umani et al. 2011).
Actuellement, de nombreux chercheurs en méditerranée et notamment dans d'autre
régions du monde s'intéressent au rôle des Tintinnides dans les réseaux alimentaires. En
revanche, très peu d'études qualitatives sont consacrées aux peuplements
microzooplanctoniques marins des côtes algériennes. Cela peut notamment s'expliquer par la
diversité des groupes systématiques qui le composent ainsi que la petite taille des espèces et
les difficultés d'identification de celles-ci qui constituent un travail long et fastidieux.
Par ailleurs, hormis le travail de Vitiello en baie d'Alger qui date de 1964 et plus récemment
ceux d'Ounissi et Frehi (1999), Arfouni et Djemai (2009) et Touahria et Seridji (2010), la
richesse spécifique des Tintinnides tout comme sa structure n'est encore que partiellement
identifiées.
Ainsi, le présent travail vise en premier lieu à évaluer l'aspect qualitatif et quantitatif des
communautés microzooplanctoniques appartenant au groupe des Tintinnides de la côte
algéroise. Pour ce faire, les prélèvements de plancton ont été effectués sur une colonne d'eau
de 20m et dans quatre stations: deux positionnées en baie d'Alger et deux autres dans la baie
de Bou-Ismail. Cependant, afin de pouvoir mieux étudier le lien entre les paramètres
hydrologiques et les phénomènes biologiques une première partie a été consacrée à l'étude
physicochimique.
Dans une deuxième étape, l'établissement d'un inventaire spécifique qui donne une
image de la composition systématique des Tintinnides dans notre zone d'étude a constitué
l'essentiel de notre travail, suivi, parallèlement, d'un dénombrement cellulaire réalisé par la
technique d'Uthermol et qui nous a permis d'obtenir une idée sur les abondances de chaque
espèce durant la période échantillonnée.
En fin, et en complément à ce travail, nous avons tenté de faire une analyse structurale
par le calcul de l'indice de diversité de Shannon et de la régularité, de plus, une estimation de
la biomasse a été réalisée en exploitant les mesures linéaires obtenues par l'étude
microscopique.