Cartographie biomorphosédimentologique de l'anse de Kouali Wilaya de Tipaza

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Date
1996
Authors
Segueni Ouissem
Naceur, Yasmina Karima
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Publisher
Abstract
La cartographie a pour but. la conception, la préparation et la réalisation des cartes. Sa vocation est la représentation d'une zone sous une forme graphique et géométrique. Elle est tributaire du progrés des connaissances des instruments (sondeurs, satellites...) et des méthodes d'observation et d'évaluation des phénomènes qu'elle a pour mission de représenter. Pendant longtemps, la cartographie des fonds marins a été effectuée à l'aide du fil à plomb pour mesurer la profondeur, et la benne pour une détermination sommaire de la nature du substrat. Les premières cartes des fonds marins sont celles de Marion (1883) et de Pruvot (1894), et les premiers travaux intégrant la notion d'associations sous-marines sont de Zalokar (1942) (Nieri, 1991). Molinier et Picard (1953) ont élaboré la première carte biocénotique à partir d'une carte des peuplements marins des parages des Pyrénées orientales. Depuis 1970, un progrès considérable a été apporté à la cartographie marine par Augier et Boudouresque (1967) qui ont utilisé pour la première fois la plongée en scaphandre autonome. Actuellement, on dispose de techniques de plus en plus performantes, d'une grande variétés (Augier, 1986). Les cartes à grandes et moyennes échelles (1/1000-1/5000) sont levées par photo-interprétation et interprétation de sonogrammes. Etant donné que la validité des résultats obtenus dépend de facteurs tels que l'éclairage, la nébulosité, la turbidité et le degrés d'agitation et d'irisation de l'eau, il est nécessaire de compléter ces cartes par des plongées d'identification. Les cartes à faibles et moyennes échelles ( 1/50000-1/5000) sont établies à partir de parcours rectilignes (transects) ou effectuées le long de limites de peuplements. Ces parcours sont réalisés en scaphandre autonome ou à l'aide de submersible. D'autres méthodes sont utilisés tels les transects permanents (permettant une surveillance rigoureuse des modifications des peuplements à court et moyen terme, à une échelle réduite), les carrés permanents (permettent l'obtention des informations à tendance locale de la dynamique des peuplements) et l'imagerie satellitaire (Augier, 1986; Nieri. 1991). La carte biomorphosédimentologique de l'anse de Kouàli, présentée dans cette étude, a été levée pendant l'été 1996. Sa réalisation s'est basée sur la technique du cheminement à l'aide d'un théodolite, les profils aériens et les transects marins, l'utilisation de l'échosondeur et la plongée sous-marine. Cette carte recouvre un secteur de la baie de Bou-Ismail qui s'étend sur une surtace de 5km:. La profondeur qui y est observée ne dépasse pas les 10m . Une grande échelle ( 1/1000) a donc pu être choisie pour mieux discerner sa biomorphologie. Plusieurs campagnes de reconnaissances ont été effectuées dans le but d'acquérir des informations complètes. Ce travail, réalisé pour la première fois, met en évidence la parfaite harmonie qui règne dans l'anse de Kouâli. La quasi-absence de l'activité anthropique, sa situation stratégique et sa morphologie abritée, font d'elle un site exeptionnel. Sa partie sous-marine présente une végétation dense et diversifiée. La phanérogame marine Posidonia oceanica (Linnaeus) Delile. endémique de la méditerrannée, occupe 65% de sa surface, atténuant localement les forces de l'hydrodynamisme. La posidome est constituée de tiges rampentes fplagiotropes) ou dressées (orthotropes) désignées sous le nom de rhizomes (BOUDOURESQUE & JEUDY DE GRISSAC,1983 ). Ces rhizomes croissent verticalement de sorte que l'enchevêtrement qu'ils forment, avec les racines et les sédiments piégés qui viennent combler les interstices, permet l'édification d'une structure appellée matte (MOLINIER & PICARD,1952b; PERES & PICARD,1964). Dans l'anse de Kouâli, ces martes ont pu croître de telle manière que les extrémités des feuilles viennent affleurer la surface d'où constitution d'un "récif-barrière" (MOLINIER & PICARD, 1952a,1952b) à 55m du rivage. Ce récif-barrière, même s'il n'est pas spécialement caractérisé par une composition faunistique ou flonstique particulière, est l'expression d'un équilibre parfait entre la vie et les conditions de milieu non perturbé par l'activité humaine (BOUDOURESQUE et a/,1990 ). Malheureusement, ce paysage marin est en voie d'extinction en Méditerrannée, car il présente une grande sensibilité aux perturbations artificielles tels que les grands ouvrages portuaires, les importants aménagements littoraux (complexes...), le piétinnement et l'arrachement par l'encrage des embarcations. 11 est donc nécessaire de protéger ce récif-barrière en établissant un système de surveillance (balisage, cartographie...) qui va permettre de suivre avec précision son évolution (BOUDOURESQUE et al ,1975; AUGIER & NIERI,1988). Ce récif isole demère lui un "lagon" occupé par d'autres phanérogames constituant une prairie à Cymodocea nodosa (Ucria) Ascherson et Zostera noltii Horneman qui se trouve entre 5-16m du trait de côte.
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