Mise au point et optimisation d’une méthode d’analyse de l’Ibuprofène présent dans l’eau
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Date
2011-07-21
Authors
HAMADOUCHE Selma
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Publisher
Abstract
Les médicaments jouent un rôle prépondérant dans l’amélioration de la qualité et de
l’espérance de vie des populations. Chaque année, des milliers de tonnes de produits
pharmaceutiques sont utilisés en médecine humaine et vétérinaire pour traiter des symptômes,
des maladies, des infections bactériennes, du stress ainsi que pour prévenir des grossesses et
stimuler la croissance d’élevages agricoles et aquacoles. Cette utilisation à grande échelle n’a
pas été sans conséquence car des études ont mis en évidence la présence de plus de 80
produits pharmaceutiques dans les eaux usées (Pepin, 2006). Plusieurs d’entre eux sont
aujourd’hui retrouvés dans les différents compartiments de l’environnement : dans les
effluents d’eau, dans les eaux souterraines à la sortie des stations d’épurations, dans les boues
activées, dans les sédiments, dans les barrages, dans les eaux des rivières et les nappes
phréatiques et même dans l’eau potable; car les stations d’épuration ne sont pas suffisamment
équipées pour les éliminer (Stülten et al., 2008). Il s’agit en particulier de médicaments
anticancéreux, d’antibiotiques, d’hormones féminisantes, d’antidépresseurs, antiépileptiques,
et analgésiques. Certaines de ces substances se retrouvent dans l’eau potable car elles sont mal
éliminées par les unités de traitement avant distribution de l’eau de boisson dans le réseau
public. Il n’y a pas d’étude à ce jour associant spécifiquement la présence de ces contaminants
à des maladies humaines. Toutefois, plusieurs de ces contaminants ont un effet biologique
avéré sur les poissons notamment au niveau hormonal (féminisation principalement mais
aussi des effets cancérigènes et d’affaiblissement du système immunitaire). Bien que la
concentration dans l’eau potable de chaque médicament pris individuellement soit
extrêmement faible, les mélanges de substances multiples pourraient être néfastes pour des
personnes fragiles comme le fœtus, les enfants en bas âge, mais aussi les personnes
immunosensibles (Gielen et al., 2008).
Depuis quelques années, l’impact des résidus de médicaments sur l’environnement est devenu
un sujet d’intérêt public. Auparavant, leur devenir dans l’environnement a été relativement
peu étudié, d’une part, les priorités ont été orientées sur d’autres micropolluants aux effets
dévastateurs, tels que les pesticides ; d’autre part, les méthodes de chimie analytique n’étaient
pas encore performantes pour détecter ce type de polluants. Une autre difficulté majeure est
que des milliers de composés pharmaceutiques sont enregistrés dans le monde et que leur
marché change chaque année.
Ils peuvent donc présenter un risque environnemental non négligeable si l’on considère les
quantités potentiellement apportées au milieu aquatique et le fait qu’elles aient été fabriquées
pour être biologiquement actives. C’est même une inquiétude en raison de leur toxicité directe
et de leurs effets cumulatifs ou synergiques probables avec d’autres micropolluants. Certains
médicaments ont des effets biologiques sur des organismes non cibles, un exemple classique
étant celui de certaines hormones synthétiques sur les poissons (Hilton, 2003 ; Kolpin, 2002).
Une enquête effectuée au niveau des officines pharmaceutiques de la région algéroise nous a
permit de collecter des informations intéressantes sur la consommation des médicaments
dans notre pays. Ainsi, nous avons appris que les antalgiques sont les produits les plus
consommés suivis par les antibiotiques, les anti-inflammatoires et les médicaments destinés
aux maladies chroniques tels que le diabète, l’hypertension.
L’objectif de ce travail et de mettre au point une méthode d’analyses des résidus d’un
médicament, l’ibuprofène, un produit analgésique et anti-inflammatoire non stéroïdien
largement utilisé en médecine humaine dans notre pays.
Compte-tenu de sa présence à l’état de traces, une étape d’extraction - concentration est
obligatoire avant son dosage. Deux méthodes ont été choisies, l’extraction liquide - liquide
(ELL), et l’extraction en phase solide (SPE). L’identification et la quantification sont réalisées
par chromatographie en phase liquide de haute performance (HPLC) avec un détecteur à
barrettes de diodes